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Le pays de Forez Suggérer par mail
Écrit par Nicolas   
20-03-2007
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Aupres de l’ancienne ville de Lyon, du coste du soleil’couchant, il y a un pays nomme Forests, qui en sa petitesse contient ce qui est de plus rare au reste des Gaules, car estant divisé en plaines et en montaignes, les unes et les autres sont si fertiles, et situées en un air si temperé, que la terre y est capable de tout ce que peut desirer le laboureur. Au cœur du pays est le plus beau de la plaine, ceinte, comme d’une forte muraille, des monts assez voisins et arrosée du fleuve de Loyre, qui prenant sa source assez pres de là, passe presque par le milieu, non point encor trop enflé ny orgueilleux, mais doux et paisible. Plusieurs autres ruisseaux en divers lieux la vont baignant de leurs claires ondes, mais l’un des plus beaux est Lignon, qui vagabond en son cours, aussi bien que douteux en sa source, va serpentant par ceste plaine depuis les hautes montaignes de Cervieres et de Chalmasel, jusques à Feurs, où Loire le recevant, et luy faisant perdre son nom propre, l’emporte pour tribut à l’Océan.

Honoré d'Urfé 

Auprès de l'ancienne ville de Lyon, du côté du soleil couchant, il y a un pays nommé Forez, qui en sa petitesse contient ce qui est de plus rare au reste des Gaules, car étant divisé en plaine et montagnes, les unes et les autres sont si fertiles, et situées en un air si tempéré que la terre y est capable de tout ce que peut désirer le laboureur. Au coeur du pays est le plus beau de la plaine, ceinte, comme d'une forte muraille, des monts assez voisins et arrosée du fleuve de Loire, qui prenant sa source assez près de là, passe presque par le milieu, non point encore trop enflé ni orgueilleux, mais doux et paisible. Plusieurs autres ruisseaux en divers lieux là, vont  baignant de leur claires ondes, mais l'un des plus beaux est Lignon, qui vagabond en con cours, aussi bien que douteux en sa source, va, serpentant, cette plaine depuis les hautes montagnes de Cervière et de Chalmazel, jusqu'à Feurs, où Loire le recevant, et lui faisant perdre son nom propre, l'emporte pour tribut à l'Océan

André Steyert, dans Le Forez pittoresque et monumental cite l' avis plus général de Noël Thiollier qui utilise l’arme de la comparaison : "Le vrai Forézien, l’homme de la plaine, est gai, expansif, ami du plaisir, un peu indolent, jouissant avec empressement des biens qui lui sont départis, mais sans envie, sans fièvre d’ambition insatiable (…) Le Forézien n’a pas l’âpre amour du gain qui stimule le labeur implacable de l’Auvergnat ni la rude franchise du Gaga, ni le puritanisme, la bonté profonde mais un peu trop discrète du montagnard lyonnais, il n’a pas la grosse joie, l’amour passionné de la bouteille comme le Bourguignon (…), il n’a pas non plus la vivacité spirituelle et légère du Roannais qui se ressent du voisinage de la terre bourbonnaise, mais, de tout cela, il a quelque chose fondu dans un ensemble modéré et harmonieux comme le sol sur lequel il vit. Il est bon, mais sans expansion ; ses mœurs sont honnêtes, mais non pas austères ; il est franc, mais il craint d’offenser ; il aime le plaisir, mais il y veut une certaine délicatesse..."
Mireille Busseuil et Suzanne Pommier, dans Fêtes et Cuisines traditionnelles en Forez, ajoutent : "Le Forézien est libre, indépendant et fier de l’être car il n’a jamais connu le joug du servage dans une province indépendante du royaume de France jusqu’en 1531." Et de citer la célèbre répartie du bailli de Forez à François Ier à Montbrison qui s’était gaussé des grandes oreilles des habitants : "Si ceci est vrai, Sire, c’est qu’ils n’ont encore trouvé personne capable de les leur couper." La Forézienne quant à elle, outre le fait qu’elle « est très belle et qu’elle a le teint délicat » (Anne d’Urfé, XVIIème siècle), fait un « excellent cordon bleu ; avec peu de moyen mais beaucoup d’ingéniosité et d’amour ». Miam-miam !
Et puis, il y a Théodore Ogier (aucun rapport direct avec moi :D). Nous savons peu de choses de cet auteur, sinon qu’il a écrit en 1856 La France par cantons et par communes, édité chez Balay et Conchon. A t-il vraiment écrit à propos de toutes les communes de France comme le titre général le laisse supposer ? Toujours est-il qu’on lui doit trois ouvrages sur le département de la Loire.

    à propos de Feurs : Si les habitants ne s’étaient pas laissés dominer par une apathie vraiment inexcusable, ce ne serait ni Montbrison, ni Saint-Etienne qui devrait-être désigné pour chef-lieu du département, mais bien Feurs, l’ancienne capitale…


    "Ayons donc pour notre pays de Forez, non pas un fol et vaniteux orgueil, mais la fierté modeste qui convient à tout fils de bonne mère."

    Camille de Meaux

(tiré de forez info)

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